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Un ancien élève devenu Meilleur Ouvrier de France !

Nicolas Roux est un ancien élève de notre établissement (promotion 2001).

Il a été nommé le 13 mai 2019 Meilleur Ouvrier de France au cours de cette 26e édition.

Toute la communauté éducative de l’établissement lui adresse ses sincères félicitations !

Nicolas a accepté de détailler son parcours qui est une véritable expérience de vie que nous vous encourageons tous à lire, surtout vous, chers élèves, pour découvrir le parcours passionnant d’un ancien :

De parents militaires et suite à une mutation tardive, j’arrive au lycée des Francs Bourgeois en septembre 1998 dans la classe de 2nd4 et je rêve de devenir dentiste.

Année charnière dans la vie des lycéens, je suis décrit par mes professeurs comme un élève sérieux, mais moyen.

Nouveau dans cet établissement, j’admets que le sens des conférences qui sont organisées chaque mardi matin m’échappe, pourtant les thèmes et valeurs présentés par les différents intervenants prendront sens à mesure des  épreuves de la vie.

J’obtiens mon bac S en 2001 non sans l’acharnement que mettent mes professeurs à m’interroger et à m’envoyer au tableau… Si j’y perçois d’abord une forme d’humiliation face à mes camarades amusés, je comprends vite qu’il s’agit seulement d’une volonté commune de me tirer vers le haut.

Face à cette fameuse première année de médecine, je vais malheureusement échouer et ce, malgré mon assiduité et mon acharnement. Et cet échec va me peser lourd.

Je me reconvertis dans les études en alternance pour rapidement subvenir à mes besoins. Alors que je deviens opticien en 2005, je suis, pour nombre de mes anciens camarades qui intègrent au même moment les grandes écoles, un vendeur sans avenir.

Bientôt je sors major de ma petite école d’alternance et on me propose alors d’intervenir dans les classes pour partager mon expérience et mes méthodes de travail, ainsi que d’aider les élèves en difficulté ; ce que bien entendu j’accepte.

Dans les années qui suivent, j’intègre un établissement privé pour enseigner l’étude des systèmes optiques. À cette occasion, je reçois une autorisation d’enseigner de l’académie de Paris-Créteil-Versailles.

Mais en 2010, malgré les bons résultats obtenus par mes classes, je suis jugé trop dur par l’administration de l’établissement et suis remercié. Je me retrouve donc au chômage.

Les études en alternance sont en plein essor et les employeurs ne voient plus l’intérêt d’embaucher des opticiens expérimentés. Il me faudra pratiquement un an pour retrouver du travail, appliqué à la tâche, je deviendrai alors rapidement chef d’atelier.

Mais voilà, nous sommes en 2013, cela va faire déjà dix ans que je travaille, je vois la réussite des uns et des autres et j’ai toujours ce sentiment d’inachevé.

Dix ans dans les métiers de l’optique m’ont tout de même permis de nombreuses rencontres professionnelles. Je sais qu’il existe encore quelques rares artisans français qui fabriquent entièrement à la main et à la demande leurs lunettes. Je vais ainsi me présenter spontanément à la porte d’une entreprise renommée du monde professionnel : les établissements Dorillat.

Je rencontre ici Mme Dorillat et Mr Gaillard qui m’apprennent de nombreuses techniques de sculpture artisanale. Impressionné par la technique et la qualité des produits devant la fabrication industrielle, je motive mes mentors à se présenter sur les salons.

Pour eux la reconnaissance ne se fait pas attendre, les professionnels viennent naturellement les saluer.

Pour moi, c’est une reconnaissance inattendue qui va arriver : les élèves que j’ai formés sont rentrés dans la vie active. Si les premiers sont surpris de me retrouver ici dans les salons, ils sont également contents de me retrouver. Certains me remercient de les avoirs accompagnés pendant leurs études, d’autres me remercient de leur avoir enseigné des méthodes de travail qui leur ont permis d’aller encore plus loin dans leurs études, et ces méthodes, je les tiens moi-même de mes professeurs de lycée.

La nouvelle circule et depuis, chaque année, depuis 5 ans, nombre d’anciens élèves viennent me saluer.

C’est à l’occasion de ces salons que j’ai entendu parler du titre « un des Meilleurs Ouvriers de France » dans la catégorie technique de précision lunetterie.

Pour moi c’est une évidence : obtenir ce titre, c’est contribuer à l’excellence de l’artisanat français, et aussi remercier toutes les personnes qui m’ont formé.

Mai 2019, je reçois dans le Grand Amphithéâtre de la Sorbonne ma médaille. Patience, méthode, analyse, capacité de synthèse, recherche et curiosité, autant d’éléments qui m’auront été nécessaires pour réussir ce concours. Mais aussi et il ne faut pas l’oublier les encouragements et le soutien de quelques valeureux camarades rencontrés il y a plus de vingt ans dans votre établissement.

Accompagné de ma ravissante épouse, c’est donc avec une certaine fierté que nous avons franchi ce lundi 13 mai les portes du Palais de l’Élysée, afin de recevoir les félicitations de la plus haute autorité, fruit d’une année de concours ou plutôt d’une longue persévérance.

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